Par Hervé Mariton, samedi 30 août 2008 à 09:44 :: National
Avez-vous été surpris par l’annonce d’une taxation du capital pour financer le RSA ?
J’avais eu vent de l’information dans les heures qui ont précédé l’éruption ! Sur des choix aussi fondamentaux, je pense que l’exécutif pourrait faire preuve d’une sorte de “courtoisie républicaine” en attendant que le Parlement soit en session, au travail, pour les examiner. Sur le fond, le RSA est une bonne intuition. Mais il faut faire attention à la façon de la mettre en place, au risque d’en payer les erreurs pendant vingt ans, comme avec le RMI. Et puis le capital, ce ne sont pas seulement les habitants de Neuilly ou du XVIe arrondissement. Ce sont aussi les artisans, les petits commerçants qui ont investi dans le foncier pour leur retraite et qui sur le terrain me disent déjà : “C’est encore nous qui allons devoir payer !”
Quelle alternative suggérez-vous ?
Au lieu de créer un impôt nouveau, périlleux parce qu’il crée un tuyau direct, du capital au social, je plaide pour un recentrage de la PPE (Prime pour l’Emploi), plus élevée et pour moins longtemps pour un nombre plus limité de gens. Le risque avec le RSA, c’est de rapprocher la situation financière d’un mi-temps avec RSA d’un Smic à temps plein. C’est pourquoi il aurait fallu expérimenter la mesure avant de l’annoncer.
Est-ce une façon pour Nicolas Sarkozy de déstabiliser la gauche ?
ça y aide sûrement, même si ce n’est pas le but principal. Mais c’est un joli “coup” politique qui peut se transformer en mauvais “coût”. Pour les finances de l’Etat, et pour la cohérence idéologique de la majorité.
Hervé Mariton
Interview dans Metro, le 28 Août 2008.