Retranscription du chat qui a eu lieu le 26/09/2007 Ã l'Intern@ute
Combien de temps faut-il pour élaborer une loi de Finances ? Et qui travaille dessus ?
9 mois. Le travail démarre fin décembre sitôt votée la précédente loi de Finances.
A quoi sert la Commission des finances ? Quel sera son rôle dans le vote du budget ?
La Commission de Finances est un lieu d'examen et de débats sur le projet, c'est aussi un lieu de contrôle de l'exécution de la loi de Finances votée.
D'où viennent les principales recettes de cette loi ?
TVA, impôt sur les sociétés, sur le revenu, TIPP…
Un déficit ou une dette à 0, est-ce possible ?
Pour le déficit : c'était le cas en France il y a 30 ans. C'est le cas dans certains pays, c'est l'objectif d'ici 2012 et ce serait encore mieux en 2010. Pour la dette : ce n'est pas strictement impossible, mais c'est encore plus difficile. Ce n'est pas nécessairement vertueux, ce n'est pas un objectif.
Quels sont les domaines dans lesquels l'Etat doit vraiment faire des restrictions budgétaires ?
De vraies économies passent par une redéfinition des missions, seules à même de permettre de vraies économies de personnel et de fonctionnement, sans mettre en cause la qualité du service offert. Il ne faut pas s'interdire de regarder aussi du côté de l'investissement. Ce n'est pas parce qu'une dépense est une dépense d'investissement qu'elle est en soi bonne.
Que veut dire François Fillon par "budget de promotion sociale et de promotion économique" ?
Si je savais... Oui, ce budget met l'accent sur le développement économique (crédit impôt recherche). Le social est une priorité, mais franchement je ne comprends pas l'expression "budget de promotion sociale".
Un déficit de l'Etat de 41,7 milliards d'euros, c'est peu ou c'est beaucoup comparé aux autres exercices ?
C'est trop !
En comparaison de nos voisins européens ou états-uniens. Le déficit est-il élevé ou faible ?
C'est très variable selon les pays. On est juste en dessous de la norme européenne de déficit public maximum de 3 %. Le déficit américain est souvent plus élevé, financé par le reste du monde, c'est une vieille histoire...
Pensez-vous que ce budget sera approuvé par l'Eurogroupe ou nos voisins européens qui étaient très critiques sur les finances françaises ?
Ils n'ont pas à proprement parler à l'approuver. Ils continueront d'être critiques sur nos choix financiers. On continuera de faire semblant de ne pas les entendre. Mais il faudra bien tenir l'équilibre du budget de l'État pour 2012, si nos partenaires sont bienveillants, et ils peuvent nous taquiner pour la période 2010-2012.
La France est elle un pays stable économiquement ? Quels sont les atouts ?
C'est quoi la stabilité ? On a sûrement des atouts (niveau de formation, infrastructures, productivité, climat...), mais nous sommes dans une compétition permanente où il faut essayer de faire la course en tête.
Le mot "faillite" a fait réagir votre ancien allié Dominique de Villepin. Et vous qu'en pensez-vous ?
Il n'est pas inutile d'utiliser des mots forts à des fins pédagogiques. Le gouvernement Villepin avait réussi à améliorer la situation des finances publiques, mais le chemin est encore long. Il faut le dire.
Les 35 h n'ont-elles pas aggravé la situation économique en France ?
Oui, et le problème, c'est qu'on n'a jamais osé tirer directement les conséquences de ce constat.
Le budget 2008, est-ce un budget de "rigueur" ? Est-ce un budget de "rupture" ?
C'est un budget sérieux. On peut même penser qu'il n'est pas assez rigoureux. Il y a de vraies innovations dans ce budget. Mais de là à parler de rupture...
Quelles sont les grandes priorités de ce budget ? A quoi va servir cet argent ?
Les priorités sont l'enseignement supérieur, la recherche, la justice. On est plutôt parti pour une stabilisation des dépenses de défense dans les années qui viennent.
Quelles sont les principales sources d'économies prévues par rapport aux autres années ?
La baisse du nombre de fonctionnaires et l'application bête et méchante d'une stabilité de la dépense entre 0 % en valeur et 0 % en volume.
Une croissance à 2,25 % en 2008 ? Vous y croyez ?
Il faut toujours espérer. L'important, ce sera d'ajuster les dépenses à la baisse si la prévision n'est pas réalisée ou de profiter du surcroît de recettes pour baisser la dette si elle est dépassée. Espérons.