La France a à nouveau perdu deux soldats au combat en Afghanistan hier, portant au nombre de quarante-sept les victimes du conflit dans lequel elle est engagée.
Hervé Mariton explique pourquoi il faut maintenir les efforts de la France dans ce conflit.
Ces deux nouveaux morts ne doivent-ils pas inciter la France à revoir sa présence en Afghanistan?
Hervé Mariton - La première réaction qui s'impose est d'abord un message de sympathie aux victimes et à leurs familles. Notre mission et notre présence sont utiles en Afghanistan, à l'Afghanistan, et à nos alliés. Elles sont indispensables dans la lutte contre le terrorisme international où ce pays, et sa zone frontière avec le Pakistan, occupent une place importante. La France ne capitule pas contre le terrorisme!
Est-ce un motif suffisant, sachant que le terrorisme n'est pas seulement en Afghanistan?
Il n'y a pas de réponse unique. Tout événement tragique, comme la mort de soldats, suppose des retours d'expérience, comme nous l'avons fait après les dix morts d'Uzbeen, en se demandant comment mieux préserver la vie de nos hommes. La France a fait le choix d'un contingent stable, elle a augmenté la présence des gendarmes pour renforcer la capacité des Afghans à mener eux-mêmes certaines opérations de police. Il faut poursuivre.
D'après vous, y a-t-il de réelles avancées démocratiques dans le pays?
Il y a des progrès, même si, d'évidence, ils sont insuffisants. Il y aurait un grand danger pour les pays présents, aujourd'hui, de se retirer. Tant sur le plan militaire que policier, les Afghans doivent pouvoir assumer davantage de missions et cela continue de rendre nécessaire notre présence.
Jusqu'à quand?
Notre présence n'a pas vocation à être éternelle. Ni la France ni l'Afghanistan n'ont intérêt à donner un calendrier. La situation sur le terrain ne le permet pas, ce serait un signe de faiblesse de notre part. Notre présence est difficile, par les morts que l'on déplore et par le déroulement des opérations, mais elle est utile et indispensable à la stratégie des pays de l'alliance.
Propos recueillis pas Martine Chevalet